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02/09/2011

Fontaine le Port sur les pas de Bobby FISCHER

Que font les joueurs de l'échiquier de Fontaine-le-Port durant l'été ?

Certains s'accordent une période de repos bien méritée
après les âpres combats de la saison passée.

D'autres tentent de briller au Championnat de France.

D'autres encore effectuent un pélerinage
sur quelque lieu mytique du monde des échecs.
 

 

Le (légendaire) Marshall chess club, New York, 23 West 10th street (10ème rue, près de la 5ème avenue) a ainsi reçu la visite de notre ami Thierry mercredi 20 juillet 2011.

De quoi faire ressurgir quelques souvenirs de jeunesse.NEW YORK 2 07-2011 270.jpg


Bobby

« Championnat du monde d’échecs : le soviétique Boris Spassky mène devant l’américain Bobby Fischer par deux à zéro »

Ce 14 juillet 1972 (je vais bientôt avoir 13 ans), en dernière page d’une feuille de choux lyonnaise (la page fourre tout, celle où l’on verse tout ce qui n’a pas pu entrer dans la thématique des pages sérieuses), je découvre ainsi trois choses : les échecs (« roi des jeux, jeu des rois » ; « un sot ne peut pas jouer aux échecs, il faut être un sot pour y jouer », j’en passe et des meilleurs !), Spassky (dont je ferai la connaissance 6 ans plus tard à l’Alpe d’Huez), and - last but not least ! - Fischer.

Immédiatement, définitivement, irrémédiablement, je prends fait et cause pour ce dernier.

Je vais faire sourire les moins de 30 ans, mais à l’époque il ne nous était proposé qu’une alternative : « le monde libre » ou « l’archipel du goulag », même si d’aucuns rêvassaient à une 3ème voie chinoise…

C’était encore l’époque (les moins de trente ans ne vont pas me croire !) où il arrivait régulièrement que l’on retrouve, dans quelque îlot plus ou moins perdu du Pacifique, un soldat japonais dans l’ignorance du fait que le sol de son pays avait été vitrifié un quart de siècle plus tôt…

Cela dit, mon envol échiquéen ne date pas de ce 14 juillet 1972 (ne comprenant rien au jeu à la lecture du livre qui me tombe entre les mains dans les jours suivants - certains de mes détracteurs disent d’ailleurs que c’est encore le cas ! – je cesse très vite de m’y intéresser), et je ne commence vraiment à pousser du bois que dans le courant du mois de mai 1975, alors que Fischer avait été destitué un mois auparavant et Anatoly KARPOV proclamé champion du monde le 24 avril (ce que d’ailleurs je ne devais apprendre qu’en 1976 !).

J’ignorais qu’il allait me falloir attendre 10 ans pour voir l’usurpateur chassé du trône !

Juin 2011. En surfant sur Internet (c’est presque devenu un pléonasme, tant le nombre des surfeurs virtuels est aujourd’hui supérieur à celui des surfeurs genre « Brice de Nice »), je tombe sur une photo de Garry KASPAROV (un autre pousseur de bois !) avec à ses côtés Franck BRADY (le biographe de Bobby) prise récemment à New York, au Marshall chess club, devant l’échiquier sur lequel mon héros avait joué par télétype en 1965 à l’occasion du mémorial CAPABLANCA (encore un !) ; « séquence émotion », comme dirait un ex candidat à la primaire Europe écologie les Verts…

NEW YORK 2 07-2011 272.jpgMercredi 20 juillet 2011, 17 heures (5 PM comme on dit ici). Après le célèbre gendarme et le fameux sheriff (qui fut aussi l’inspecteur Harry), je suis de passage à New York (toute ressemblance avec l’affaire DSK serait purement fortuite et indépendante de ma volonté, FMI soit qui mal y pense !). Bon cavalier, je décide de faire un saut au Marshall (23 West 10th street) ; il fait 100° Fahrenheit, soit approximativement 38° Celsius (j’ai bien choisi ma période, car un mois plus tard la « petite » Irène va un peu rafraîchir l’atmosphère…). Le club est situé dans une petite rue sympathique, presque européenne (pas d’immeubles de plus de 50 mètres de haut…). Il s’agit d’une maison à deux étages. Je sonne à l’interphone : on m’ouvre aussitôt, je monte au 1er, on m’accueille très sympathiquement et même, pour la 1ère fois (et du reste, la seule de mon séjour !), it is i

ncredible but French is spoken (après tout, n’est-ce pas la langue officielle de la FIDE !!). Sur un tableau mural, en haut de l’escalier, figure la liste de tous les champions du club depuis sa création ; mon nom ne s’y trouve pas, ce qui est certes logique mais m’énerve malgré tout. Six ou huit joueurs sont attablés dans une grande salle où une trentaine d’échiquiers sont installés. C’est bien sûr un peu plus grand qu’à Fontaine-le-Port (pour ce qui est de la surface, pas pour la grandeur…), mais je voyais ça quand même plus spacieux et suis un peu déçu. Je suis autorisé à prendre autant de photos que je le souhaite mais je suis inquiet : où donc se trouve cette fichue table, l’échiquier de Bobby ?

Après quelques secondes, ça y est, je l’aperçois ! Quel scandale ! Quelle honte ! Cette table qui figurait au milieu de la pièce sur la photo vue sur Internet, éclairée à souhaits… se trouve désormais - et ça doit être là quelle est placée la plupart du temps – dans le coin le plus obscur de la pièce … et sous une avalanche de papiers en tous genres : documents d’inscription, annonces de tournois, recherche d’animaux perdus…que sais-je encore ?

NEW YORK 2 07-2011 271.jpg

Sur le coup, j’avoue avoir été un peu déçu. Mais après réflexion, je me dis que c’est un très bel hymne à la vie, car « les échecs c’est la vie » comme le disait si bien Bobby, et la vie continue, plus forte que tout. Comme l’avait également si bien chanté Trenet : « longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore par les rues ». En tous cas, vous connaissez désormais le secret de mes splendides attaques sur l’aile roi, de mes milieux de partie grandioses, et de la précision d’horlogerie de mes fins de parties : tout cela… c’est la faute à Fischer !

A bientôt sur l’échiquier les amis (« il y a plus d’aventures sur l’échiquier que sur toutes les mers du monde »), et n’oubliez pas : GENS UNA SUMUS !

Thierry VIARD

 

Commentaires

Quel beau témoignage !

Écrit par : Thierry | 04/09/2011

Je me suis toujours demandé d’où notre ami Thierry avait hérité de son titre de GMI.
Manifestement dès son adolescence il s'est intéressé à la vie et à l’œuvre de l'un de nos plus grands champions. Il en a côtoyé d'autres à l’Alpe d'Huez .... (Peut-être nous en parlera-t-il un jour.)
Quoi qu'il en soit il a été à bonne école pour progresser dans sa maîtrise du jeu. Je suis persuadé que nous ne connaissons aujourd'hui qu'une infime partie de son talent.

Écrit par : Gérard | 04/09/2011

"Gens una sumus" ? C'est vite dit. Il y a le peuple migrateur, qui d'un coup d'aile, franchit l'Atlantique, pour redécouvrir le nouveau monde, ou parcourt l'Asie en tous sens, à la recherche de sensations fortes, et le peuple des sédentaires, qui, au mieux, se représente les ponts des îles de Ré ou Oléron, si l'on évoque le franchissement de l'océan. Personnellement, sur l'île d'Oléron, je n'ai jamais trouvé trace d'un illustre joueur d'échecs, ... mis à part ma propre personne, évidemment. Napoléon a bien fait un bref séjour à l'île voisine d'Aix, juste avant son exil à Ste Hélène et l'on peut parier qu'il y aura fait une partie avec son hôte, le gouverneur...

Bravo à Thierry, qui est décidément le digne héritier de son fameux grand-oncle et néanmoins grand maître russe. Olivier

Écrit par : Olivier | 04/09/2011